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LA REVOLUTION DES PINGUINS AU CHILI

 

Lorsque des miliers d'étudiants chiliens de l'enseignement secondaire le 11 mai dernier ont mis leurs demandes et aspirations au devant de l'escene sociale, le pays est devenu une grande école en debat.  L'agenda du gouvernement, la classe politique et des médias s'est vu rapidement depassée par les événements. 

Plusieurs appelatifs nous permettront d'analyser les evenements, tels "la revolution des pinguins" (au Chili on appele "pinguins" aux etudiants des lycees par leurs vetements uniformes blue et blanc), en faisant reference aux demandes d'amelioration de la qualité de l'enseignement, apres 16 annèes de gouvernement de la Concertation Démocratique.  Foules des étudiants reliées par télephone mobile, par blogs, e-mails et photoblogs, donant un sens réel aux "smart mobs" dont on parle H. Rheingold.  Foules en réseaux, voici leur définition essentielle.  Ce ne sont pas les masses de G. LeBon ou G. Tarde mobilisées par une idéologie, on assiste au Chili á la rennaissance de l'espoir, á partir d'une génération jeune qui ne veut pas croire aux rethoriques et promesses des politicients traditionnels.  Ce sont les nouvelles multitudes du XXIème siécle, des foules intelligentes dont nous parlent Negri et Rheingold, des multitudes conscientes de leurs demandes, des foules politiques dans le sens le plus large du terme, mais non partisanes, et qui profitent de la délocalisation des reseaux et du temps réel de la communication par satellite. 

L'ensemble du système d'Education chilien -encore autre héritage de la dictature- à eté mis en question par les jeunes.  La qualité de l'enseignement, les inégalités sociales installées a l'interieur des écoles et lycées, l'insuffisance des ressources aloués par l'Etat a l'Education Nationale et Publique tandis qu'on achête abondamment des avions, des bateaux de guerre et des chars de combat dernière génération, grâce aux énormes revenus de l'exportation du cuivre.

Ces lyceens sont precisement "les fils de la démocratie" par une grande partie fils des jeunes des années '80 qui se sont durement battus contre la dictature militaire, en exprimant á la rue les mêmes demandes qu'eux non pas gagné lors des protestations contre Pinochet.   Fils de la démocratie, enfants de la necessité, jeunes organisés avec une intelligence sociale et une habilité tactique qui a surpris la classe politique, tellement accomodés a la pesante lenteur du pouvoir et des institutions.

Le mouvement á commencé petit a petit.  Les demandes des jeunes se sont progresivement elaborées depuis 2004 et 2005.  Le Ministre de l'Education en 2005, Mr. Sergio Bitar ayant signé un accord quelques mois avant les elections presidentielles (pour des raisons évidemment electorales), a été un des facteurs du declenchement des grêves, puisque le Ministre actuel s'est refusé de valider les promesses de Mr. Bitar.  L'occupation des lycees et les manifestations a la rue, son suivi la logique de la "boule de neige".  Le 11 mai avait 10 etablisements occupés pars ses etudiants, tandis qu'aujourd'hui il y a quelques 650 lycees et 600.000 étudiants en grêve depuis le nord à Arica jusqu'au Magellan au sud du Chili.  Les organisations des  parents d'ecole et des enseignants ont exprimé publiquement leur solidarité active au mouvement et sont venus en aide aux étudiants qui restent dans leurs locaux la nuit.

L'ensemble du mouvement, á la maniére d'un scénario de crise, s'est deroulé depuis debut mai en trois phases:  première, le déclenchement progressif des grêves et des manifestations à la rue et installation des demandes aux médias; deuxième phase, la course aux extrèmes, violence sociale à la rue, repression policière et negociations; et troisième phase, les reponses de l'autorité sous pression et mise en place des structures politiques et techniques de résolution de la crise; nous sommes actuellement à la troisième phase. 

Il faut souligner la flexibilité tactique du mouvent des étudiants.  Premierement, ils ont eu recours aux manifestations à la rue mais, quand le lumpen est sortie aussi pour casser des vitres et voitures, les jeunes ont changé leurs mouvement pour l'occupation massive des établissements, laisant a la police et au governement sans discours contre leurs demandes.  Deuxiemement, ils ont maintenu leurs demandes malgré les pressions des politiciens, des medias et du gouvernement, dont les autorités avaient negligé l'ampleur des aspirations des jeunes.

Un systeme d'education profondement inegal et fondé sur un principe de marchandisation de l'enseignement, est á la base des demandes des étudiants.  En plus, ils veulent la gratuité des certains prix pour s'inscrire aux examens universels d'accés á l'Université.  La Presidente Bachelet á exprimé son acceptation des certaines demandes, tout en essayant de diviser le mouvement par le biais des parents, deja fatigués par trois semaines de grêves.

Apres trois semaines des manifestations, des debats, des negociations, les etudiants secondaires ont réussi a installer le probleme de l'Education nationale dans le debat publique.  Reste maintenant á savoir si la classe politique et gouvernante saura rélever le puissant défi des jeunes, des jeunes foules intelligentes.

Manuel Luis Rodríguez U.

Punta Arenas - Magellan, juin 2006.

 

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